Galerie du Poseidonian
L’artiste
Native des Hauts-de-France.
L’atelier se situe à Metz.
Sujet de prédilection : la Côte d’Opale.
Technique de prédilection : le pastel « sec » ou pastel « tendre » (aussi appelé « craie d’art sèche »).
Style artistique : le réalisme (figuratif).
Genre pictural : le paysage principalement, ainsi que le sujet humain (le corps féminin).
Un seul credo, cette citation de Louis Aragon : « Il n’y a pas de lumière sans ombre » :
La lumière crue, la réverbération sur chaque chose, sur les aplats des façades, le soleil qu’on sent derrière les gris des nuages, réminiscences des ciels de Flandres ; les blancs et les bleus, en contraste comme un étendard toujours – les petites constructions qui tranchent contre le ciel, l’écume bordée sur l’eau comme une dentelle…
Le « noir sacrilège sacré » ou le « blanc sacré maculé » :
Poser mes couches de noirs en premier sur le papier au risque de salir les autres couleurs. Mais la réalité n’a rien de propre ni de parfait, après tout : le blanc est-il vraiment si blanc dans la réalité ?
Le principe fondamental du yin et du yang en application visuelle toujours à l’esprit.
Les terres, les ocres, les jaunes et ors de la végétation des dunes, de la grève, du sel et du sable jusque sous l’eau, et des rochers léchés par la mer ; les verts secs et tranchants des herbes ; les couleurs froides toujours avec mon amour inconditionnel – les bleus comme voiles roses sur ma réalité – et leurs pendants un peu aussi, chaudes teintes discrètes pour dynamiser en douceur (parce que les teintes chaudes soutenues sont uniquement l’apanage des carnations, des chairs, dans ma vision du monde).
Focus sur le sujet dans son ensemble :
Les paysages de la Côte d’Opale bruts et sauvages. L’âpre douceur de la végétation. La sensation des bruits étouffés des bords de mer dans la douceur de la technique, les pigments faisant écho aux étendues sableuses. La solitude et le recueillement ambiants. Aucune âme en vue, sauf celle des lieux.
Focus sur les détails :
Les brins d’herbe, la finesse des oyats, le bois des brise-lames, des épaves, des cabines et chalets de plage, qui se délite – la peinture qui s’écaille dessus et lui matière végétale qui devient corps flotté, « malmenéfrappébatturongé » comme il est par les intempéries, oublié, abandonné de la main de l’homme. Où la nature reprend son droit.
Le travail d’atelier :
~ le contact direct avec les matériaux, les pigments, le papier – esquisser, dessiner, déposer les pigments, frotter, lisser, brosser, estomper, essuyer, nettoyer, tamponner, gommer, souffler, gratter, racler, saturer le grain, et frotter et refrotter toujours et encore – jusqu’à l’odeur de la chair brûlée parfois, le bout des doigts qui perd son empreinte, aussi lissé que le pastel sur le papier ;
~ en frottant, le mouvement de balayage du bras droit répété indéfiniment – la tendinite à l’épaule droite ravivée ;
~ penchée sur le plan de travail incliné – les tensions pourtant dans le dos, à soulager à coups de brasse hebdomadaires ;
~ vivre au rythme des caprices de la lumière des heures du jour qui décline, du temps dehors, des saisons qui défilent, devant l’unique fenêtre – les yeux qui piquent, brûlent, s’abîment toujours plus, la vue qui baisse, se brouille, les verres des lunettes à réajuster régulièrement ;
~ tantôt la sérénité, la paix, l’harmonie, tantôt l’exaltation jusqu’à l’extase – mais les heures de solitude pesante également, la fatigue évidemment, et la lassitude aussi parfois ;
~ quant à l’angoisse de la « toile blanche » : JAMAIS ! Pas assez d’une vie pour dire mes sujets.